Walter Sauer

Walter SAUER (Saint-Gilles-les-Bruxelles, 1889 – Alger, 1927)

Jeune fille de l’Île de Sein
Aquarelle, crayon, fusain et gouache sur feuille d’argent
65 x 85 cm
Signé en bas à gauche

Exposition : Probablement exposition Walter Sauer à La petite Galerie, Bruxelles, novembre et décembre 1926, sous le titre Femme de l’Île de Sein

Sous l’influence de sa mère allemande, Walter Sauer s’éprend très jeune, à travers les livres, des peintres de la renaissance comme Dürer et Holbein et dessine d’après les anciens. De son père, professeur d’histoire de l’art qui l’initie à la perspective, il retient une forme de philanthropie qui marque profondément sa démarche artistique. Grâce à Victor Rousseau, voisin de son enfance qu’il visite fréquemment, il s’imprègne des fondements de la sculpture. Elève dès 1903 à l’Académie des Beaux Arts de Bruxelles, il rencontre en 1907 Murakami, antiquaire japonais, qui l’initie de façon déterminante à l’art extrême oriental et aux estampes japonaises. Dès 1914, il connaît ses premiers succès d’estime : invité au salon de La libre Esthétique, il expose au Salon Triennal de Bruxelles la même année. Rapidement, la femme apparaît comme la figure centrale de son œuvre. Fortement influencé par l’humanisme de son père et les conséquences de la 1ère guerre mondiale qui voit l’émergence des suffragettes et des garçonnes, Sauer n’a de cesse de la représenter en mère, en femme mystique, libérée ou travailleuse, comparable en cela au poète Charles Baudelaire. Sa première exposition individuelle à Bruxelles en 1917 lui permet d’obtenir un contrat avec Isy Brachot. Les années 20 voient son succès s’amplifier et il participe notamment à la célèbre exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes à Paris en 1925. Professeur à L’Académie d’Ixelles, il démissionne suite à une maladie qui l’entraîne vers le sud – l’Algérie – où il meurt à 38 ans.

Notre dessin synthétise parfaitement les influences artistiques comme les obsessions de Walter Sauer. Les volumes, le trait cerné, la force de la composition évoquent autant sa fascination pour le peintre allemand Holbein que sa connaissance de la sculpture par le biais de Victor Rousseau. Conférant un mystère et une préciosité très personnels à ses dessins, l’emploi des feuilles d’or ou d’argent fait directement référence à l’Extrême Orient découvert aux côtés de Murakami : une de ses premières compositions travaillées avec des feuilles de métal connue s’intitule Petite bohémienne au châle[1] date de 1920. Il développe particulièrement cette technique à partir de 1922 – époque où sa renommée est à son apogée en Europe – qu’il traduit de deux manières : soit il applique les feuilles –d’or ou d’argent- comme fond sur un papier et y colle dessus un dessin, soit, comme sur notre dessin, il entoure le dessin avec le fond métallisé. L’été 1926, Sauer passe deux mois en Bretagne d’où il ramène une série de Bigoudènes à laquelle appartient notre dessin : les femmes ne sont pas représentées dans le costume noir et portant la coiffe habituels mais en tenue traditionnelle et festive. Dans cette série exposée à Bruxelles en novembre et décembre 1926, les Bigoudènes sont toutes représentées dans l’effort[2]. La nôtre semble juste marquer une pause, pour autant elle représente bien aussi la femme courageuse et indépendante que Walter Sauer aime représenter. Le critique Multavidi décrit ainsi l’exposition : « Avec un sens psychologique fort rare, il décrit cette race solide, homogène, entière, cette race au front têtu, aux yeux pensifs couleur de mer dont le regard lointain est plein de rêve, de tristesse, de sauvagerie, de mystère et de renoncement ; (…) Son trait est à la fois dur et précis, net et tendre et ses modelés sont trop moelleux pour que ce voisinage puisse leur communiquer la moindre sécheresse. (…) Et sur tout cela, un sens d’analyse très développé. Ses « Figures décoratives », sa « Femme de l’Île de Sein », ses « Pêcheurs » sont à noter. »

Dégagé de tous les mouvements de son temps, fortement indépendant et profondément engagé, Walter Sauer a produit une œuvre complexe proposant une formidable et originale synthèse oscillant entre symbolisme – pour le traitement- et réalisme – pour l’iconographie.

[1] Localisation inconnue.

[2] Pour des exemples proches de notre composition : La Bigoudène, 1926, technique mixte sur fond or, 81 x 65 cm, collection particulière, Bigoudène au panier, 1926, technique mixte sur fond métallisé, 80 x 60 cm, collection particulière, Jeune Bretonne, 1926, technique mixte sur fond métallisé, 92,5 x 68 cm, collection particulière.

 

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