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Paul GACHET dit Louis VAN RYSSEL ( Auvers-sur-Oise, 1873 – 1962 )

Hommage à Vincent Van Gogh, 1904
Plâtre patiné
43 cm de diamètre

Littérature : Un ami de Cézanne et Van Gogh : le docteur Paul Gachet, Editions de la Réunion des musées nationaux, 1999, p. 178

Si le nom de Paul Gachet est connu comme celui du médecin et ami de Vincent Van Gogh pendant les 70 derniers jours de sa vie à Auvers-sur-Oise, on connaît moins le rôle essentiel de Paul Gachet fils, dit Louis Van Ryssel (1873-1962), qui dédia sa vie à la mémoire du grand peintre.

D’abord orienté vers un carrière d’ingénieur, le jeune Louis Van Ryssel décide, au contact des amis de son père tels que Emile Bernard ou Guillaumin, de devenir artiste-peintre : son éducation artistique se fait alors en copiant dans la maison paternelle les toiles de Cézanne et Van Gogh. Il expose un temps au Salon des Indépendants (entre 1903 et 1910), puis arrête brutalement de peindre en 1920, pour se consacrer à l’écriture de l’histoire des peintres d’Auvers. Une rétrospective de ses œuvres lui sera consacrée beaucoup plus tard, en 1954, chez Wildenstein à New-York..

Mais c’est à la mémoire de Van Gogh que Louis Van Ryssel se voua tout au long de sa vie. Agé de 17 ans lors du séjour de Van Gogh à Auvers, il est « totalement absorbé par l’aura » du peintre. A partir de 1920 débutent des années de recherches, de classements des papiers de Paul Gachet père, de répertoriage des œuvres du peintre. Une vie modeste pour le propriétaire d’une collection inestimable de chefs d’œuvres, dont il fera don aux Musées Français en 1951.

En 1904, Van Ryssel exécute un remarquable médaillon en bronze, inspiré de l’Autoportrait de Van Gogh de 1889, destiné au monument funéraire de ce dernier (jamais réalisé). Comme pour l’œuvre picturale du peintre, Van Ryssel « a mené de front la défense des sépultures désormais unies de Vincent et Théo dans le cimetière d’Auvers, dont il se considérait comme le légitime gardien » (Un ami de Cézanne et Van Gogh : Le docteur Gachet, Edition de la Réunion des musées nationaux, 1999).

Il expose le bronze au Salon des Indépendants en 1905 sous le titre Hommage à mon maître, puis à la rétrospective Van Gogh du Stedelijk Museum d’Amsterdam (juillet/août 1905). La dense correspondance entretenue avec Jo, la femme de Théo Van Gogh, nous apprend que notre modèle original en plâtre fût envoyé comme cadeau à l’intention du fils de Théo, en souvenir de son oncle.