Adrien-Dalpayrat

Pierre Adrien DALPAYRAT (Limoges, 1844 – 1910)

Vase à triple renflement, vers 1900
Grès émaillé beige, rouge et bleu-vert
37 x 15.5 cm
Signé d’une grenade sous la base

Natif de Limoges, Pierre Adrien Dalpayrat est très jeune formé à la peinture sur porcelaine à l’Ecole Pratique Municipale après avoir fréquenté l’Ecole du Dessin. Actif dans plusieurs manufactures, notamment à Bordeaux, il revient en 1887 à Limoges chez Sazarat où il manifeste de l’intérêt pour le grès. En 1889, il s’installa à Bourg la Reine et se lance dans une carrière indépendante. Sa courte collaboration avec le sculpteur Alphonse Voisin-Delacroix en 1892 jusqu’à sa mort prématurée en 1893, lui est bénéfique. Dès 1892 à l’exposition de la Galerie Georges Petit (1856-1920), ses « grès flammés » qui remportent un immense succès qui ne se dément pas par la suite en France comme à l’étranger.En 1893, il s’associe avec Adèle Lesbros jusqu’en 1901 et forme la société Dalpayrat et Lesbros. Lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1900, il reçoit la médaille d’or pour « des formes nouvelles ». Il produit alors des pièces absolument prestigieuses, certaines montées en bronze doré par les orfèvres parisiens Cardeilhac et Keller. Après le départ d’A. Lesbros, l’entreprise devient familiale et il travaille avec ses fils  avant de tomber injustement dans l’oubli, après la fermeture de son atelier. Il faut attendre les années 60 pour que la reconnaissance de son oeuvre retrouve sa vraie place, parmi les plus grands.

Signé d’une grenade, notre vase appartient à la production de Dalpayrat et Lesbros (1893-1901). Tout à fait caractéristique des productions de Dalpayrat par sa glaçure, notre vase présente est aussi remarquable par sa forme. Connu pour son célèbre rouge qui porte maintenant son nom, Dalpayrat adopte une technique lui permettant d’obtenir des émaux d’une richesse chromatique incomparable. Alors que ses confrères cherchent à reproduire fidèlement le beau rouge monochrome, uni et brillant de Chine, en suivant les instructions diffusées en 1888 par Lauth et Dutailly, Adrien Dalpayrat prend le contre-pied : jouant sur ce qui devrait être des défauts, il obtient un rouge épais, profond, pigmenté et non monochrome (qui tire au noir et au vert quand il y a saturation de métal). Même s’il réalise des pièces moulées, cette richesse plastique et chromatique de la glaçure jamais identique rend unique chacune de ses pièces. Adolf Brüning , grand connaisseur de la céramique d’Extrême-Orient, pourrait évoquer ainsi notre vase : « Ses coulées d’émail sur fond offrent une coloration particulière, qui lui est propre. Des tons d’un rouge sombre s’étalent sur un fond jaunâtre, et par dessus, coulent des larmes bleues, qui virent au vert patiné. »[1]. S’ajoute à cela une forme très originale qui relève d’une expérience tendant vers la sculpture de la part du céramiste. Contrairement à ses poteries généralement lourdes et massives, il a su donner ici « à la matière résistante du grès, une souplesse et une grâce incomparable »[2]. Lui à qui l’on a reproché à ses débuts de maîtriser davantage la technique à la forme, nous montre ici combien il a réconcilié avec talent la forme et la technique. Si l’on a pu dire d’Alphonse Voisin-Delacroix qu’« Après un an de collaboration avec Dalpayrat, le sculpteur de second rang (est) [était] devenu un céramiste de premier ordre »[3], on peut supposer que, grâce à son étroite collaboration avec ce dernier, Dalpayrat est lui-même devenu l’un des plus fascinant sculpteur-céramiste de son temps.

[1] H. Makus, Adrian Dalpayrat, Céramique française de l’Art Nouveau, Arnoldsche, Stuttgart, 1998, p. 28.
[2] Op. cit., p. 29.
[3] Op. cit., p. 61.

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