Paul Guigou

Paul Guigou

Paul GUIGOU (Apt 1834-Paris 1871)

Les Bords de la Jouine aux Milles, 1868
Huile sur panneau
20 x 14,5 cm
Signé et daté en bas à gauche : P. Guigou. 68.

Œuvre en rapport :

Les Bords de la Jouine aux Milles, huile sur toile, 26,5 x 46,5 cm, collection particulière.

Destiné à une carrière notariale, Paul Guigou se tourna vers son premier goût grâce aux encouragements d’Emile Loubon (1809-1863), directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Marseille, qui lui transmit l’art de François-Marius Granet (1775-1849) tout comme le goût pour le paysage peint d’après nature à travers les travaux de l’Ecole de Barbizon. Ainsi, dès 1854, il participa aux Expositions de la Société Artistique des Bouches-du-Rhône où il découvrit notamment les œuvres de Corot, Monticelli, Dupré. A ces occasions, il se lia fortement avec Adolphe Monticelli (1824-1886) qui influença profondément sa production dite « de jeunesse » par l’usage de forts empâtements, l’emploi d’audacieux coloris et la prédilection pour les forts contrastes lumineux. C’est en 1862 qu’il se fixa à Paris, participant à différents salons mais continuant à aller peindre sa Provence natale. Sa technique s’affina, renonçant à la manière de Monticelli et trouvant une interprétation originale et personnelle de la vision de la nature en marge des courants de l’époque.

Notre tableau illustre cette dernière période. Peint sur un panneau de bois de format vertical, chose relativement rare dans l’œuvre de Guigou, il présente une matière fine aux irrégularités suggestives, notamment pour le feuillage et pour les pierres blanches du premier plan, et une écriture nerveuse, à la fois souple et appuyée soutenue par une gamme de tons étroite. Cette technique précise rappelle les paysagistes hollandais du Siècle d’Or, Mayndert Hobbema et Jacob Ruysdaël, dont Guigou avait vu les œuvres dans les musées, notamment celui de Calvet à Avignon. La composition de notre paysage, malgré sa verticalité, présente les caractéristiques des paysages de Guigou : l’axe serpentant en profondeur, ici le ruisseau, est un motif récurrent dans son œuvre, tout comme la ligne d’horizon cassée par la présence au second plan de la falaise qui rétrécit le premier plan ; cette subtilité dans la composition invite ainsi le spectateur à une visite dans le tableau, suggérant bien les préoccupations spatiales de Guigou, loin de l’effet de superficialité recherché par les impressionnistes.

Guigou peignait souvent des petits panneaux de bois pris sur le vif pour les transposer sur un toile qui pouvait être destinée à un salon ou une Exposition : c’est la cas de notre panneau dont on retrouve l’exacte composition sur Les Bords de la Jouine aux Milles[1].

 

 

[1] Paul Guigou, 1834-1871, cat. exp., Musée Marmottan, Paris, 2005, n° 58, repr. p. 113.

Vendu – sold