Manuel-Orazi-La-Mort

Manuel ORAZI

(Rome, 1860 – Paris, 1934)

Le lieutenant de Saint-Avit et la mort, L’Atlantide

1920-1921

  Gouache sur papier

113,5 x 154 cm

  Signé en bas à droite

Après le meurtre du capitaine Morhange, le lieutenant de Saint-Avit s’évade de la cité cachée et raconte que Morhange est mort d’une insolation dans le désert. Hanté par le souvenir d’Antinéa, il décide quelques années plus tard de retourner dans le désert à la recherche de son île mystérieuse, l’Atlantide. Conscient du fait qu’il s’achemine vers sa propre mort, symbolisée ici par la croix Ankh de l’ancienne Egypte, il rejoindra tous ses prédécesseurs transformés en sarcophage d’orichalque et exposés dans la salle du trône.

After Captain Morhange’s murder, Lieutenant Saint-Avit flees from the hidden city and tells that Morhange died from sunstroke in the desert. A few years later, still haunted by the memories of Antinéa, he decides to go back into the desert to look for her mysterious island, Atlantis. He knows he is walking towards his own death and that he will soon join all his predecessors, turned into orichalcum statues and exposed in the red marble room.

Manuel Orazi – Trois affiches pour l’Atlantide

Né en 1860, Manuel Orazi quitte Rome pour s’installer à Paris en 1892. Il se fait rapidement connaître grâce aux affiches qu’il réalise pour Sarah Bernhardt ou La Maison Moderne, et pour ses illustrations pour diverses revues parisiennes et ouvrages écrits par Edgar Allan Poe, Charles Baudelaire ou encore Oscar Wilde.

En 1920, le réalisateur Jacques Feyder lui demande d’imaginer et de créer les décors et les costumes pour l’adaptation cinématographique de L’Atlantide, roman de Pierre Benoit publié en 1919 qui reçoit le Grand Prix du roman de l’Académie française. Plus gros budget du cinéma français de l’après-guerre, le film sortira le 4 juin 1921. Malgré une longueur exceptionnelle, 3h15, et le fait que ce soit un film muet, il tiendra plus d’un an à l’affiche. Volonté de Jacques Feyder, le palais est réellement construit dans le Sahara ce qui permet au spectateur de ressentir la même fascination que Saint-Avit pour cette immensité. Louis Delluc dira même à la sortie du film « Il y a un grand acteur, c’est le sable ».

Le mythe de l’Atlantide, île paradisiaque et mystérieuse, engloutie par les eaux et recherchée depuis, écrit par Platon au 4ème siècle avant J-C, est repris en 1919 par Pierre Benoit qui imagine cette fois l’Atlantide comme une oasis perdue au milieu d’une mer de sable ou plus exactement comme une femme-déesse cachée dans son palais au milieu du désert, Antinéa. Elle devient la terre mystérieuse à conquérir.

Born in Italy in 1860, Manuel Orazi moved from Rome to Paris in 1892. It was not long before he became famous for his posters for Sarah Bernhardt or La Maison Moderne and for his various illustrations for French magazines or books by authors such as Edgar Allan Poe, Charles Baudelaire and Oscar Wilde. In 1920, he was asked by director Jacques Feyder to be the visual artist for the film adaptation of a novel by Pierre Benoît, L’Atlantide. Orazi was called on to design all the sets, costumes and posters of what would become the most expensive French movie of the post-WWI era. Although silent and exceptionally long, the movie ran in theaters for more than a year after its premiere on June, 4th, 1921. Feyder had the queen’s palace actually built in the Sahara, so that the audience would share Saint-Avit’s fascination for the smothering immensity of the desert. Famous film critic Louis Delluc went as far as saying: “There is a great actor in this movie, the sand.”

The myth of the mysterious sunken island of Atlantis, first written by Plato in the 4th century BC, is reinvented by Pierre Benoit in 1919. The French writer imagined Atlantis as an oasis lost in the desert, or rather as Antinéa, a goddess hidden in her palace in the middle of the Sahara. She becomes the mysterious land to be conquered.

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