Jules-Gustave-Besson

Jules Gustave BESSON

(Paris, 1868 – 1945)
Deux élégantes boulevard Saint-Germain
Huile sur toile
61,5 x 50 cm
Signée en bas à gauche : Besson

Né à Paris, Jules Gustave Besson suit les cours d’Alexandre Cabanel, d’Elie Delaunay et de Gustave Moreau à l’Ecole des Beaux-Arts. Peintre de sujets allégoriques ou religieux comme Le Christ consolateur conservé au musée des Beaux-Arts de Rouen, il expose au Salon des Artistes Français de 1896 à 1925. Il obtient en 1902 une médaille de deuxième classe pour Les moissonneurs de lauriers au thème ambitieux et grave. Son goût pour les scènes animées, les fresques murales, lui vaudra d’obtenir commande de la décoration du dôme du Palais des Mines et de la Métallurgie à l’Exposition Universelle de 1900. Sensible à la condition ouvrière de son époque, Jules Gustave Besson s’inscrit dans le courant naturaliste dont Emile Zola sera théoricien et chef de file, guidant Jules Bastien-Lepage ou encore Pascal Dagnan-Bouveret. Devant Saint-Sulpice (huile sur toile, 198 x 151 cm, Remiremont, Musée Municipal Charles de Bruyères), exposé au Salon de 1896, nous montre ainsi une femme pauvre, vêtue de haillons, allaitant son enfant dans des conditions misérables.

C’est non loin de cette place, à côté de l’église de Saint-Germain-des-Prés où est érigée la statue de Diderot (réalisée par Jean Gautherin en 1886) que Jules Gustave Besson choisi de nous présenter ces deux élégantes aux expressions poudrées, et à l’allure soignée. L’une est coiffée d’un chapeau noir et de quelques fleurs rouges et blanches que rappelle la teinte de ses lèvres et de sa bourse ; sa cape couvre un chemisier en soie verte et ses mains gantées tiennent un papier. L’autre, aux cheveux flamboyants, est vêtue d’un chemisier rose en organdi, la taille soulignée par un nœud de taffetas noir; elle s’appuie sur son ombrelle. L’artiste isole ces femmes à la posture irréprochable et aux traits raffinés d’un monde en mouvement, en activité. Ce monde des travailleurs symbolisé au second plan par le cheval tirant péniblement quelques marchandises, n’est pas oublié de l’artiste qui lie la société bourgeoise au milieu ouvrier de cette fin du XIXème siècle grâce à un élément visuel: le rouge. Ces touches de couleur établissent l’équilibre de la composition des Deux élégantes boulevard Saint-Germain de Jules Gustave Besson qui, en un geste, donne à l’œuvre sa force symbolique.

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