Joseph Baudrenghien
Joseph BAUDRENGHIEN (Monceau-sur-Sambre, 1873 – Bruxelles, 1954)

Groupe de hiercheuses, 1901
55 x 80,5 x 51 cm
Bronze à patine noire
Trace de signature
Fonte probablement unique

 

Expositions :
– Bruxelles, Le Labeur, 1901
– Charleroi, 1911, sous le titre : Groupe de femmes portant du charbon

Elève de l’Académie de Bruxelles entre 1893 et 1898, Joseph Baudrenghien étudie la sculpture sous la direction de Charles Van der Stappen, auprès duquel il côtoie Georges Minne (1866 – 1941). Débutant par des sujets d’inspiration religieuse, Baudrenghien expose à Bruxelles en 1899 au Cercle Le Labeur, dont il était membre, Le Chef de Saint Jean-Baptiste, une Mise au tombeau ainsi qu’une Mater Dolorosa. Octave Maus, qui remarque alors ses œuvres, le décrit comme « un nouveau venu aux tendances mystiques, peut-être influencé par l’art frustre de Georges Minne »[1]. Rapidement, l’artiste abandonne les sujets religieux et s’attache à des thèmes plus modernes. A l’instar de son compatriote Constantin Meunier, Baudrenghien se concentre sur le monde du travail, aux champs ou à la mine, et expose dès 1900 un Travailleur des champs ainsi qu’une Hiercheuse. Tout en exposant régulièrement ses œuvres à Bruxelles, Anvers ainsi qu’à Charleroi, Baudrenghien est également un expert et un courtier reconnu. Il rassemble ainsi, dans la première moitié du vingtième siècle, un remarquable ensemble d’antiquités et de tableaux fauves brabançons (comprenant notamment des œuvres de Rik Wouters, Ferdinand Schirren, ou encore Jean Brusselmans) pour le collectionneur François Van Haelen.

Remarqué par Octave Maus lors de son exposition à Bruxelles en 1901, le Groupe de Hiercheuses est un exemple particulièrement réussi de l’art de Baudrenghien. En effet, Selon Maus, Baudrenghien « côtoie à la fois Minne et Meunier. Il est actuellement plus proche de ce dernier et aussi, semble-t-il, plus maître de sa main, plus soucieux de vérité, (…), d’expression de vie »[2]. Si le sujet à résonance sociale, la qualité de la fonte et celle de la patine évoquent bien les sculptures de Constantin Meunier, Baudrenghien crée une œuvre à l’esprit très différent.

En effet, l’artiste simplifie les masses à l’extrême, et néglige tout détail anecdotique ou ornemental. Il se soucie peu d’inscrire ce groupe de femmes ployées dans une réalité professionnelle ou même sociale. Il tend plutôt à offrir une image universelle de la condition humaine, souffrante, avec une force qui n’est pas sans évoquer l’œuvre sculpté de Käthe Kollwitz.

[1] Octave Maus, « L’Art religieux », in L’Art Moderne, 1900.
[2] Octave Maus, « Labeur », in L’Art Moderne, 1901.

vendu – sold