Georges-Marie Baltus
Georges-Marie BALTUS (Coutrai, 1874 – Overijse, 1967)

Mère et ses deux filles, 1913
Huile sur toile
148 x 100 cm
Monogrammée et datée en bas à droite

Né en 1874 à Courtrai dans une famille commerçante fortunée, Georges-Marie Baltus obtient de ses parents de ne pas suivre la destinée qui lui était prévue, mais de devenir artiste peintre. Il suit en 1890 et 1891 les cours
à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, dans la classe de Portaels avec Jean Delville, Alfred Bastien, Constant Montald et Victor Rousseau. Il voyage ensuite en France puis en Italie pour finalement s’installer à Florence de 1894 à 1903. En 1904, il épouse la fille du sculpteur allemand Adolf van Hildebrand, dont il traduit en français le livre Le problème de la forme. Obtenant un poste d’enseignant la même année à la School of Arts de Glasgow, il y reste jusqu’à la première guerre mondiale et y publie The Thechnics of Painting, en 1912. Après avoir résisté activement en Belgique à l’invasion allemande, il s’installe en 1918 à Bruxelles et prend ses fonctions à l’Académie de Louvain, puis aux Arts Décoratifs d’Ixelles. Il termine sa carrière administrative comme inspecteur des Académies au département des Beaux-Arts de l’Etat belge, poste qu’il occupera jusqu’à
sa retraite en 1939. Grand voyageur et d’une curiosité intellectuelle infatigable, Baltus est surtout un admirateur de Puvis de Chavannes, des préraphaëlites et du Quattrocento italien. Sensible aux influences du japonisme, il méprise par ailleurs l’impressionnisme. D’un esprit indépendant et d’une grande pudeur, il reste à l’écart de tout groupe et mouvement. Ce solitaire réalise une oeuvre rigoureuse, où il privilégie le dessin dans une peinture symboliste dominée par la figure de la femme fatale. Privilégiant les grandes oeuvres décoratives, Baltus participe aux grandes expositions belges à l’étranger notamment aux Biennales de Venise et à Paris, où il fait remporter à sa classe un Grand Prix en 1925.

Notre peinture fait très vite écho aux oeuvres du Quattrocento que Baltus a pu admirer en Italie. L’utilisation des couleurs primaires et les éléments de décor – architecturaux et vestimentaires- en référence à l’Antiquité contribuent à ce sentiment. Cette toile rappelle aussi les compositions de Puvis de Chavannes. Et comme ce dernier, Baltus réalise ici une oeuvre à la fois décorative et symboliste où la figure de la femme devient le sujet central. Le portrait de cette femme revient dans plusieurs de ses oeuvres (fig. 1). S’agit-il de celui de sa propre femme qu’il aima tant ? On sait qu’après le décès de cette dernière, il attendra une vingtaine d’années pour se remarier en 1947 avec la poétesse belge Adrienne Revelard.