Adrien-Etienne-Gaudez

Adrien-Etienne GAUDEZ (Lyon, 1845 – Paris, 1902)

J.B Poquelin, Molière tapissier, circa 1890

Bronze à patine brune
78 x 46 x 46 cm
Signé sur la base : A. GAUDEZ

Fondeur : Susse Frères

Œuvres en rapport :

J.B Poquelin, Molière tapissier, plâtre, localisation inconnue, exposé au Salon de 1888, n°4146

J.B Poquelin, Molière tapissier, marbre, localisation inconnue, exposé au Salon de 1892, n°2620

Provenance :
Offert en octobre 1922 à Monsieur Paul Vilaret, maire adjoint du 3ème arrondissement de Paris.

Elève de François Jouffroy à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où il entre en 1862, Adrien Gaudez expose pour la première fois au Salon de 1864. Il profite de sa captivité à Magdebourg pendant la guerre de 1870-1871 pour exécuter dans cette ville un mausolée en granit à la mémoire des soldats français morts en captivité. De retour en France, il expose régulièrement et remporte de nombreuses médailles dont deux d’or aux Expositions Universelles de 1889 et 1900. Plusieurs de ses œuvres ont été acquises par l’Etat et la Ville de Paris comme Le Moissonneur (Paris, Parc Monceau) ou Lulli Enfant aujourd’hui au Petit Palais.

Notre bronze est un modèle cher à l’artiste puisqu’il le présentera à deux reprises aux Salons de 1888 et 1892. Ce garçonnet, assis dans un fauteuil Louis XIV et absorbé par la lecture d’un manuscrit avec à ses pieds et dans sa main les outils de tapissier, n’est qu’autre que le jeune Molière qui déjà délaisse le métier artisanal de son père au profit des arts littéraires. Exécuté une première fois en plâtre puis en marbre, ce modèle fût remarqué par la critique comme l’atteste Emile Bergerat dans son article sur le Salon de 1892 publié dans Le Figaro du 4 mai de cette même année : « Un petit Molière ravissant, dans une pose d’enfant étonnamment observée, et lisant quelque vieille traduction de Plaute ou de Térence, son martelet de tapissier à la main. Si la Comédie-Française ne se paie pas cela pour sa collection, c’est qu’elle est bête. »

Ce regain d’intérêt pour son Molière enfant incitera Gaudez à le décliner en bronze chez le fondeur Susse dont le catalogue répertorie trois tailles de modèles. Le nôtre, correspondant au plus grand, n’a été fondu qu’en un unique exemplaire.