Epo Doeve
Eppo DOEVE (Bandung, 1907 – Amsterdam, 1981)

Jeune femme à la sphère armillaire, vers 1941-1943
Panneau
155 x 123 cm
Signé en bas à droite : EPPO DOEVE

Exposition : D’après une étiquette au revers du panneau, « L’artiste diabolique EPPO DOEVE », exposé entre le 18 septembre 1982 et le 14 novembre 1982, au Gemeente Museum de Wieger Deurne.

Né à Bandung, en Indonésie, en 1906, Eppo Doeve arrive aux Pays Bas en 1927. Sa carrière artistique débute par des dessins politiques satiriques, notamment pour le journal Groene Amsterdam, puis plus tard pour le magazine Elzevier. Il crée des affiches, des décors et des costumes de théâtre : certains de ses dessins sont devenus des icônes dans la mémoire collective hollandaise. En 1936, il s’installe définitivement à Amsterdam, puis il voyage à travers l’Europe. En 1936–1937, il peint à Paris la fresque du pavillon hollandais de la Cité Universitaire. La princesse Juliana et le prince Bernhard lui commandent leur portrait à l’occasion de leur mariage. Avec l’avènement de la guerre, Eppo Doeve se retire à Blaricum, près d’Amsterdam, où il va peindre environ quarante toiles qui sont parmi ses œuvres les plus importantes. Son œuvre picturale s’inscrit alors dans le courant du réalisme magique, qui exprime une angoisse existentielle devant un monde qui disparaît, avec l’exigence d’une représentation figurative et poétique. En Hollande, ce courant est représenté par Carel Willink, Raoul Hynckes et Pyke Koch. Après la guerre, la Banque des Pays Bas et celle d’Iran lui commandent des dessins pour les nouveaux billets. Il réalise des fresques, des timbres et continue l’illustration politique jusqu’à sa mort en 1981.

Ce tableau nous invite à une lecture allégorique. Le regard profond et fixe, la jeune femme est vêtue d’un costume citadin, l’étoffe fine et blanche de son chemisier évoque pudiquement sa sensualité, la serviette éponge posée négligemment sur sa jupe suggère la proximité de la mer, lieu du changement et de l’instabilité. Alors qu’elle est assise sur une souche, symbole de la vie arrêtée, les pieds nus de la jeune femme, qui s’enfoncent dans le sable, semblent signifier l’accord avec le milieu naturel. De sa main gauche, elle tient une sphère armillaire, attribut fréquent dans les portraits de savants de la Renaissance, car cet instrument symbolise la connaissance et la sagesse. Posée sur un piédestal en pierre patinée par le temps, la sphère est le symbole de la vie qui s’écoule. Quant à la pomme posée sur la pierre, elle possède une double valeur symbolique, liée au désir et à la connaissance. Quant au chardon, il pourrait représenter la vertu cachée sous ses épines. Allégorie moderne de l’Espérance, notre tableau trouve toute sa raison d’être en ces années tragiques où règne la guerre.

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