6A.ClausEmile CLAUS  (Vive Saint-Eloi 1849- Astène 1924)

Yacht, 1891
Huile sur toile
21 x 44 cm
Signée, datée et dédicacée en bas à gauche : A Madame Bouvet Em. Claus 1891

Œuvre en rapport : Le Pique-Nique, huile sur toile, 129 x 198 cm, Bruxelles, Collection Royale

Formé à l’Académie d’Anvers et auprès de Nicaise de Keyser (1813-1887), Emile Claus commença sa carrière dans une veine réaliste. Exposant pour la première fois en 1875 à Bruxelles, il participa dès 1882 à tous les Salon belges, mais aussi fut souvent présent à Paris, où il subit de façon durable l’influence de Julien Bastien-Lepage (1848-1884) puis de Claude Monet (1840-1926). Ainsi, au début des années 1890, abandonnant partiellement sa manière réaliste, Claus digéra les leçons impressionnistes, nettoya sa palette et substitua à la « virgule de Monet » une fine touche hachurée de longueur variée. Mais contrairement au maître de l’impressionnisme, il produisit toujours des tableaux achevés, solides dans leur composition, qui connurent beaucoup de succès notamment auprès de la famille royale. Surnommé « Pape du luminisme » et devenu chef de file de l’école éponyme dans la région de Gand, Claus fonda le groupe Vie et Lumière qui participa régulièrement au Salon de la Libre Esthétique dès 1906.

Notre tableau appartient à cette période impressionniste, comme en témoignent la touche légère mais fébrile, les effets de vapeur, le reflet hachuré. Pourtant, Le Yacht est à mettre en relation avec un célèbre tableau de Claus, Le Pique-Nique[1] appartenant à sa période plus réaliste des années 1880, comme le montrent le dessin ferme et l’aspect très achevé. Ces deux tableaux présentent le même yacht à vapeur gris avec un taud rayé rouge et brun. La dédicace fait référence à l’épouse du musicien et baryton Maximilien-Nicolas Bouvet, immortalisé par une photographie de Nadar, à l’occasion d’une représentation du Barbier de Séville.

Ainsi, notre tableau par son sujet et son traitement présenterait un double intérêt, à la fois historique et artistique.

[1] Emile Claus 1849-1924, cat. exp., musée d’Art Moderne, Ostende, 1997, repr. en couleur n° 31, 103.

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