Dagnan
Pascal-Adolphe-Jean DAGNAN-BOUVERET (Paris, 1852- Quincey, 1929)

Esquisse préparatoire pour Dans La Forêt, 1892
Technique mixte : fusain, pastel, huile
48 x 39 cm
Signé et dédicacé en bas à droite
Cadre d’origine

Exposé à la National Gallery, Londres, 1926-1927.

Elève de Gérôme et Cabanel, Dagnan-Bouveret s’exerce dans les premières années de sa carrière à une peinture de genre non dénuée d’humour (Une Noce chez le photographe, 1879, huile sur toile, 85 x 122 cm, musée des Beaux-Arts, Lyon). Sous l’influence de Julien Bastien-Lepage, il s’oriente vers une peinture aux intonations plus poétiques et mystiques voire symbolistes notamment dans la représentation de scènes bretonnes, telles que Le Pardon,1886, huile sur toile, 115 x 85 cm, conservé au Metropolitan Museum à New-York.

Notre dessin est l’esquisse du tableau intitulé Dans la Forêt, 1892, typique des expériences picturales de Dagnan-Bouveret à cette époque. Ce grand tableau fut présenté au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de 1893 avec un autre célèbre tableau du peintre, Dans la prairie, huile sur toile, 96 x 91 cm, actuellement dans une collection particulière. L’iconographie de Dans la Forêt est un thème inhabituel dans l’œuvre de l’artiste : il associe à la scène de genre paysanne un instant de grâce musicale qui absorbe l’assemblée, pénétrée et transportée, comme le suggère l’attitude de certains personnages. Ainsi, il transcende le caractère a priori anecdotique de la scène. Lors de l’exposition de 1893, un des chefs de file du symbolisme, Ary Renan, très impressionné par le tableau, le compara aux écrits de George Sand par l’ambiance qu’il dégageait. Dagnan-Bouveret semble s’être alors écarté des penchants très naturalistes qui caractérisaient le début de sa carrière, sans les renier, mais en les digérant à la lumière du symbolisme. Par sa composition et sa technique, notamment l’emploi de l’huile, notre esquisse est la véritable pensée aboutie du tableau final rendant parfaitement l’atmosphère presqu’irréelle de la scène.

Cette œuvre est dédicacée à Constant Coquelin, dit Coquelin l’Aîné, grand acteur comique de son époque qui s’est distingué, entre autres, dans la création du personnage de Cyrano de Bergerac sur scène en 1897. Le tableau Dans la Prairie, exposé en même temps, avait d’ailleurs été commandé par ce même Coquelin. La présence d’une dédicace montre l’importance qu’accordait le peintre lui-même à cette œuvre préparatoire.

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