Constant Montald

Constant MONTALD (Gand, 1862 – Woluwe-Saint-Lambert, 1944)

L’échelle, 1915
Tempera sur carton
69 x 89,5 cm
Signée et datée en bas à gauche

D’abord élève à l’Académie de Gand, Constant Montald fréquente à partir de 1885 l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris, où il achève son apprentissage de la peinture murale, monumentale et décorative, et obtient en 1886 le Prix de Rome. Influencée par l’art de Puvis de Chavannes, son oeuvre murale témoigne de son goût de l’allégorie et du symbole. Membre dès 1890 du groupe Pour l’Art, il participe à partir de 1896 au Salon de l’Art idéaliste fondé par le peintre symboliste Jean Delville, à Bruxelles. Professeur en peinture murale à l’Académie de Bruxelles, il compte parmi ses élèves René Magritte, Paul Delvaux, André Masson ou encore Anto Carte. Membre en 1934 et directeur en 1937 de L’Académie Royale de Belgique, il donne son nom à un prix décerné encore aujourd’hui par l’Académie. En 1915, Montald renonce aux grands formats et se tourne définitivement vers la peinture de chevalet se consacrant plus particulièrement à la représentation de paysages aux accents symbolistes.

Datée de 1915, notre gouache inaugure probablement la série d’oeuvres représentant les paysages brabançons, souvent enneigés et empreints de symbolisme (fig. 1). La tendance monochrome de cette oeuvre rappelle l’importance pour Montald de la découverte des primitifs en Italie. Les couleurs, notamment les blancs, évoquent dans leur matité les effets de la fresque. Comme Léon Frédéric à Schaerbeek, Constant Montald peint à Woluwe-Saint-Lambert le petit monde rural qui l’entoure, mettant en valeur l’immobilité des lieux
comme ici, le mur, métonymie d’un hameau silencieux plus vaste. Ce sentiment d’immuabilité et de solitude, la présence énigmatique de l’échelle, l’arbre sans ombre du premier plan, rattachent notre dessin au courant symboliste, où l’apparence ordinaire des choses se mêle à un sentiment d’étrangeté qui n’est pas sans évoquer l’art de son compatriote Degouve de Nuncques. Mais notre peinture semble aussi annoncer par sa construction géométrique solide, par l’étrangeté des éléments ainsi juxtaposés, par l’ambiguïté de l’arrière plan apparemment nocturne et des ombres diurnes du premier plan, la révolution surréaliste bientôt à venir, dont les élèves de Montald, Magritte et Delvaux, seront parmi les plus célèbres acteurs.

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