Viret

 

Bernard VIRET (Né à Lyon, actif vers 1880 à Paris)

 Le vendeur de journaux
Huile sur toile
72 x 96 cm
Signée en bas à droite : B. VIRET

 

Connu uniquement par son tableau Le violon cassé (toile, 110 x 72 cm, 1880, préfecture de Police de Paris), exposé au Salon de 1880 sous le numéro 3843 acheté par l’état, Bernard Viret a été élève à l’Ecole des Beaux Arts de Lyon. Au regard des deux tableaux connus à ce jour, il semble emprunter ses sujets à la modernité et les traiter avec réalisme. Ainsi, œuvre rare d’un artiste méconnu, notre tableau est emblématique de son époque : la fin du XIXème siècle incarne l’âge d’or du quatrième pouvoir dont la puissance se révèle quelques années plus tard dans le « J’accuse » d’Emile Zola en première page de l’édition de l’Aurore le 13 janvier 1898, lors de l’affaire Dreyfus. Le 29 juillet 1881 est promulguée la loi de la liberté de la presse permettant la multiplication des organes de presse : notre vendeur de journaux est entouré de nombreuses éditions de son temps parmi lesquelles on peut identifier Le Figaro, La Paix, Gil Blas, Le Matin, Le Siècle, le Radical, Le Rappel, Paris Midi, Le Temps. Créé en 1884, Le Matin permet de dater notre tableau de cette période.

Semblant guetter son siècle, notre homme incarne une forme de prospérité, l’œil interrogateur, la pipe pensive, plus proche de l’intellectuel que du marchand de journaux misérable, plus proche du sage que du magnat de la presse qu’incarnait en son temps le puissant Monsieur Bertin (J.-A.-D Ingres, Portrait de Bertin, 1832, toile, 160 x 95 cm, Paris, Musée du Louvre).

 vendu – sold