Alexandre Iacovleff

Alexandre IACOVLEFF  (Saint-Pétersbourg 1887-Paris 1938)

 Portrait d’Abdul-Hanif, 1931
Sanguine et fusain sur papier
75 x 55 cm
Signé et daté en bas à gauche : Abdul Hanif AIacovleff 10 juillet 1931

Exposition Boulogne-Billancourt, musée des Années 30, 2004, n° 122.

Bibliographie Alexandre Iacovleff, Itinérances, cat. exp., musée des Années 30, Boulogne-Billancourt, 2004, repr. en couleur, n° 122 p. 176.

Elève à l’Académie de Saint-Pétersbourg, il découvrit l’Europe occidentale à travers des voyages en Italie et en Espagne. C’est ensuite d’Asie, le Japon, la Chine et la Mongolie que Iacovleff rapporta des œuvres, aquarelles et dessins qui furent l’objet d’expositions dès 1918 à Paris. Cependant sa rencontre avec André Citroën marqua un tournant dans sa carrière de peintre et illustrateur.

Le grand concepteur d’automobile organisa la fameuse Croisière Noire (Octobre 1924-Juin 1925) qui avait plusieurs objectifs : il souhaitait organiser une liaison rapide et sportive du nord au sud de l’Afrique aux allures d’expédition culturelle et scientifique. Afin de subvenir aux buts fixés à l’expédition, Citroën réunit une équipe à laquelle prit part Iacovleff en tant que peintre officiel de la croisière. Cette première mission eut tant de succès qu’une seconde mission nommée « Citroën-Centre-Asie » fut organisée, la Croisière Jaune (Avril 1931-Février 1932), qui devait relier, dans les mêmes conditions que la précédente expédition, Beyrouth à Saïgon.

C’est à cette dernière mission qu’il faut relier notre dessin. Le long de ces deux croisières, Iacovleff confirma son goût et sa maîtrise en matière de portrait. Dessinant pour fixer les traits d’une ethnie, il ne chercha pourtant jamais à laisser dans l’anonymat son modèle mais souvent l’individualisa en prenant soin de noter son nom, comme c’est le cas ici pour le jeune Abdul-Hanif. Comme en témoigne notre œuvre, ses portraits acquirent au fur et à mesure cet aspect inachevé, dont le dépouillement rappelle certains portraits de Jacques-Louis David (1748-1825), dans un style qui tient autant de la photo que du saisi sur le vif, et qui met en valeur les mains et le visage, obéissant ainsi aux leçons du portrait de la Renaissance. Evitant le pittoresque obséquieux et l’exotisme outrancier, notre dessin illustre bien ce que Iacovleff a retenu des leçons des peintres de la renaissance italienne : l’élégance graphique, le modelé ferme des chairs, qui laisse parfois deviner la présence d’une ossature et la sobriété des tons ne sont pas sans rappeler l’art d’Andrea Mantegna ou de Piero della Francesca.

 

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