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Alexandre IACOVLEFF ( Saint-Pétersbourg, 1887 – Paris, 1938 )

Glacier au Pamir, 1931

Tempera sur carton entoilé

35,7 x 58,8 cm

Signée et datée en bas à gauche

Elève à l’Académie de Saint-Pétersbourg, Iacovleff découvre l’Europe occidentale à  travers des voyages en Italie et en Espagne. Il rapporte ensuite des aquarelles et des dessins d’Asie, du Japon, de Chine et de Mongolie qui font l’objet d’expositions à Paris dès 1918. Sa rencontre avec André Citroën marque un tournant dans sa carrière de peintre et d’illustrateur. Le grand concepteur d’automobiles organise la fameuse Croisière Noire (octobre 1924 – juin 1925) à laquelle participe Iacovleff en tant que peintre et dont l’objectif est de relier le nord et le sud du continent africain en autochenilles, voitures développées par l’ingénieur Adolphe Kégresse.

Le succès de cette mission est tel qu’André Citroën organise une nouvelle expédition : la Croisière Jaune. Egalement nommée Mission Centre-Asie, cette croisière, dirigée par Georges-Marie Haardt et Louis Audouin-Dubreuil, se déroule du 4 avril 1931 au 12 février 1932. Elle prévoit de relier Beyrouth à Pékin en autochenilles en empruntant la Route de la Soie. Deux équipes sont constituées et doivent se retrouver au Xianjing afin de rejoindre ensemble Pékin : le groupe Pamir, dirigé par Haardt et Audouin-Dubreuil, et le groupe Chine, sous les ordres de Victor Point. Le premier part de Beyrouth et l’autre de Tianjin en Chine. S’il s’agit de prouver les qualités techniques des véhicules, cette expédition entend bien récolter des données scientifiques.

Iacovleff, membre du groupe Pamir, est notamment accompagné de Georges Lefèvre, écrivain et historien, de Joseph Hackin, archéologue, mais aussi d’un photographe, d’un metteur en scène et d’un cameraman. La difficulté de ce groupe est de franchir l’Himalaya, et plus particulièrement le massif de l’Hindou-Kouch et du Pamir par le col de Vakhdjir qui s’ouvre à plus de cinq mille mètres d’altitude. S’élançant dans l’Himalaya depuis Bandipour le 12 juillet 1931, le groupe Pamir ne retrouve la plaine que deux mois plus tard non loin de Kachgar au Turkestan chinois. Durant cette formidable ascension, Iacovleff exécute de nombreux croquis, dessins et peintures représentant des nomades, des chefs mais aussi des paysages, comme en témoigne ce glacier peint au cours de l’été 1931.