Georges CAIN

(Paris, 1853 - Paris, 1919)

Un Guignol populaire en 1795, 1882

Huile sur toile

126 x 96 cm

Signée en bas à gauche

Exposition : Salon des Artistes Français, Paris, 1882.

Tout au long de sa carrière, Georges Cain (1853-1919) a témoigné d’un véritable attachement à Paris, qu’il a cherché à représenter avec précision et authenticité. Après une formation auprès d’Alexandre Cabanel (1823-1889), Jean-Georges Vibert (1840-1902) et Edouard Detaille (1848-1912), il fut reçu au Salon de 1878 avec son Fumeur de l’époque de Louis XV (localisation inconnue).

Poursuivant sa lancée historique, il s’est ensuite spécialisé dans les scènes de genre du passé parisien. Il réalisa notamment de nombreuses compositions liées à la Révolution, qui connurent pour certaines d’entre elles un véritable succès au Salon ou dans la presse : Marie-Antoinette sortant de la Conciergerie, le 16 octobre 1793 (1885, Musée Carnavalet), qui fut exposée au Salon de 1885 et reproduite dans L’Univers illustré en 1888 ; Un Tribunal sous la Terreur (1881, localisation inconnue) ; Le Buste de Marat au millier des Halles (L’Univers illustré, 23 janvier 1886) ; Le Suicide des derniers Montagnards (Salon de 1897 et reproduction dans L’Illustration du 24 avril 1897)…

C’est à cette suite de tableaux qu’appartient notre toile, le Guignol populaire en 1795 présenté au Salon de 1882 et qui fut, lui aussi, reproduit dans la presse de l’époque. Au pied d’un hôtel particulier qui a très certainement existé (Cain s’attachait à la véracité topographique et urbaine de ses compositions parisiennes), une foule est réunie autour d’une estrade et observe une poupée révolutionnaire au bonnet phrygien pendre un soldat de la Garde nationale. Au-dessus de la scène, un drapeau tricolore est fièrement accroché sur la façade. 

De 1897 et jusqu’à sa mort, Cain fut le conservateur du musée historique de la ville de Paris, le musée Carnavalet. Il y ouvrit notamment en 1899 les salles de la Révolution et du siège de Paris., et y organisa une retrospective de l’histoire de la ville en 1900. Un square situé à proximité dans le Marais porte désormais son nom et ses textes, publiés à partir de 1902, restent aujourd’hui encore une ressource précieuse pour les historiens.