Emile AUBRY

(Sétif, 1880 - Voutenay-sur-Cure, 1964)

Scène pastorale, vers 1930

Huile sur toile

82 x 100 cm

Signée en bas à droite

VENDU / SOLD 

Né à Sétif en Algérie dans une famille de médecins, le jeune Emile Aubry fut nommé ainsi en hommage à L’Emile de Rousseau. Pour son père, il était évident que ses deux fils suivraient sa voie et continueraient à soigner les populations algériennes. C’est pourquoi, quand le jeune Emile annonça sa volonté d’intégrer l’Académie des Beaux-Arts et de devenir artiste, des dissensions éclatèrent au sein de sa famille et il fut immédiatement déshérité.

Au sein de l’atelier de Jean-Léon Gérome, académique au possible, Aubry continua à représenter son Algérie natale. Il développa également des sujets plus classiques qui lui permirent de remporter plusieurs prix : en 1905, il obtint le Premier Second Grand Prix avec Silène surpris par les bergers et les nymphes ; puis en 1907 il remporta le Premier Grand Prix de Rome avec L’Inspiration, Virgile composant les Géorgiques.

C’est dans la veine de ces compositions mythologiques qu’il réalisa ses grandes pastorales d’inspiration grecque, auxquelles notre tableau semble appartenir. Il est très proche de sa Pastorale qui fut exposée au Salon de 1931 : les paysages légèrement vallonés sont relativement similaires, la présence des chèvres, et surtout un protagoniste qui s’abreuve.

Ces compositions allégoriques, d’inspiration antiquisantes et transposées en Algérie, plurent particulièrement au maire d’Alger, Augustin Rozis. Il commanda donc à Aubry ce qui devint rapidement son opus magnum : un décor monumental pour le Foyer de l’Opéra d’Alger. Long de 25 mètres, il comporte près d’une centaines de personnages. C’est justement de la collection de l’architecte qui supervisa ces travaux, Raymond Thaphoureau, que provient notre tableau.