André DEVAMBEZ

(Paris, 1867 - Paris, 1944)

Décapitations à Pékin, 1912

Huile sur toile

46 x 63 cm

Signée en bas à droite

 

Expositions : Paris, Salon des Artistes Français, 1913 ; Detroit, Carnegie International Exhibition, 1923

 

Bibliographie : L’Illustration, n° 3605, 30 mars 1912, « L’Aube de la République chinoise ».

Illustrateur et peintre, André Victor Edouard DEVAMBEZ fut l’élève de Jules Lefebvre, Benjamin Constant et Gabriel Guay. Il devint dès 1889 sociétaire du Salon des Artistes Français, obtint le prix de Rome en 1890 et fut récompensé d’une médaille de seconde classe en 1898 pour sa Conversion de Marie-Madeleine ; premières récompenses d’une carrière auréolée de succès. Ses œuvres furent exposées lors de divers salons ainsi que dans de nombreuses galeries parisiennes, en province et même à l’étranger (Liège en 1905, Munich en 1909, Amsterdam en 1912, Londres en 1920 et New York en 1941).

Devambez considérait qu’il était fondamental de représenter le quotidien et ses inventions modernes. Ainsi, son tableau aujourd’hui le plus célèbre, La Charge[1], Paris est représentée dans toute sa contemporanéité, colonnes Morris et électricité inclues. Le point de vue élevé et en contreplongée, la foule de petits personnages et la violence de la scène sont typiques de son œuvre : ces caractéristiques, également présentes dans notre tableau Décapitations à Pékin, en font une sorte de traduction asiatique de son travail.

La scène représentée est historique puisqu’il s’agit des décapitations qui prirent place au pied de la Grand Muraille de Chine entre février et mars 1912. Ces révoltes et émeutes militaires secouèrent Pékin et sa région alors que le pays était en pleine révolution : c’est ainsi que la République de Chine succéda à l’Empire, dirigé par la dynastie Qing depuis 1644.

Cette scène fut reproduite en noir et blanc dans le numéro de L’Illustrationdu 30 mars 1912 sous le titre L’Aube de la République Chinoise[2]. Devambez ne s’est jamais rendu en Chine mais il travaillait régulièrement à partir de photographies, comme ce fut le cas ici. Notre tableau reprend donc à la fois les caractéristiques formelles du peintre, mais aussi l’aspect documentaire qui marqua sa carrière, tout en reprenant une image qui connut une diffusion massive dès sa création.

[1]André DEVAMBEZ, La Charge, 1902-1903, Huile sur toile, 127 x 162 cm, Musée d’Orsay, Paris.

[2]André DEVAMBEZ, « L’Aube de la République chinoise », L’Illustration, n° 3605, 30 mars 1912.