Manuel ORAZI

(Rome, 1860 – Paris, 1934)
La sorcière, 1895

Crayon, gouache et fusain
70 x 27 cm
Signé en bas au centre

Littérature : illustration pour le mois d’octobre du Calendrier Magique, 1896, imprimerie L’Art Nouveau   (maison Bing)

Né en Italie, Manuel Orazi débute sa carrière en 1892 à Paris où il s’installe définitivement. Mettant ses talents d’illustrateur et d’affichiste au service de diverses revues parisiennes, il collabore régulièrement à Je sais tout, au Figaro illustré ou encore à L’Assiette au beurre.

Lors de l’Exposition Universelle de 1900, Orazi répond à deux commandes sur le thème de la danse. La première est destinée au Palais de la Danse. La seconde, pour le Théâtre de Loïe Fuller, est en partie influencée par l’art japonais. Elle transcrit par le dessin la modernité des spectacles de la danseuse qui fascine aussi bien Toulouse-Lautrec que Rodin.

Poursuivant également sa carrière d’illustrateur, Orazi fournit de nombreux dessins pour les œuvres de Charles Baudelaire, Edgar Allan Poe, Oscar Wilde ou encore Pierre Louÿs.

Dans les années 1920, Orazi se tourne vers le cinéma alors naissant et crée aussi bien les décors, que les costumes et les affiches pour des productions de grande ampleur, telle L’Atlantide, réalisé en 1921 par Jacques Feyder d’après le roman de Pierre Benoit publié en 1919.

A la fin de l’année 1895, Siegfried Bing édite pour sa galerie de L’Art Nouveau un étrange calendrier destiné à l’année 1896. Tiré au nombre symbolique de 777 exemplaires, le Calendrier Magique se présente sous la forme d’un texte d’Austin de Croze pour chaque mois de l’année, accompagné d’une lithographie de Manuel Orazi.

Malgré les nombreux signes ésotériques qui parsèment les pages du calendrier, l’ouvrage, loin d’être un véritable recueil d’occultisme, présente plutôt les pratiques sataniques sur le mode humoristique. A la dernière page, l’auteur l’annonce lui-même au lecteur : « O toi qui feuilletas ces pages, ayant en ton âme l’espoir malsain de trouver le suprême pouvoir du Mal, sois déçu ! ».

Notre Sorcière illustre le mois d’octobre, consacré à la pratique de l’évocation aux morts. Le caractère satirique du dessin en est alors renforcé par l’auteur, qui raille les mœurs d’une époque où il est de bon ton d’afficher son esprit décadent et son attrait pour les pratiques occultes.