Robert POUGHEON

(Paris, 1886 – 1951)
Le Cheval libre, 1932

Crayon sur papier
72 x 60 cm
Signée en haut à droite : Robert Pougheon

Vendu / Sold

Œuvres en rapport :

Esquisses conservées au Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris

  • Deux études de nu dansant, crayon, fusain, encre de chine, craie sur papier beige, 48 x 32 cm
  • Nu dansant, crayon sur papier beige, 51 x 38 cm
  • Nu dansant, fusain sur papier calque, 52,5 x 25,5 cm

 

Exposition :

Société Royale des Beaux-Arts, Salon du Printemps, Bruxelles, mars-avril 1933, section française, sous le n° 692.

Elève à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, Robert Pougheon suit les cours de Lameire, Baudoin et Besnard. Il est particulièrement influencé par l’art et l’enseignement de Jean-Paul Laurens, mais aussi par Puvis de Chavannes et Maurice Denis. Grand Prix de Rome en 1914, il devient, après la guerre, membre du Salon des Artistes Français où il expose régulièrement. Dans les années 1920, il se rattache à ce que les critiques appellent l’ « Ecole de Dupas », explorant un univers allégorique et antiquisant qu’il fait sien. Parallèlement, il développe une carrière de décorateur, à l’occasion de l’Exposition Universelle à Paris, en 1937, mais aussi lors de sa participation au chantier de l’église du Saint-Esprit (1932-1934). La fin de sa carrière le voit accéder à des postes de plus en plus importants, de professeur-correcteur à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts en 1935 à conservateur du musée Jacquemart-André.

Cette oeuvre, icône du genre connue par la gravure de Maillard de 1932, dont des esquisses sont aujourd’hui conservées à Beaubourg, est exposée à Bruxelles en 1933. Par son style et son iconographie, Le Cheval Libre s’inscrit dans l’oeuvre plus personnelle des années 1930 de Pougheon, en marge des commandes officielles. En effet, sa manière mêle un cubisme assimilé, rappelé par les masses denses et géométriques du cheval, et un certain néo-classicisme qu’évoque le canon ingresque de la jeune fille et que l’on retrouve, par exemple, dans Le Serpent, fantaisie (fig.1). Il assouplit son dessin, digérant de façon heureuse les influences plus schématiques de Jean Dupas dont il garde le sens surprenant de la composition, la manière lisse et l’exécution parfaite. L’image ambivalente associant le cheval, ici, débridé, symbole d’une force sexuelle presque taurine, et la jeune fille, vierge et pure, est un topos de l’oeuvre de Pougheon (voir Les Amazones[1],1926) . Il ajoute une note particulièrement poétique par la présence de deux femmes à cheval au bord de la plage, figures annonciatrices de son tableau Amazones, Fantaisie[2], exposé l’année suivante au Salon des Artistes Français sous le n° 1981.

 

[1] Huile sur toile, non localisée, exposée au Salon des Artistes Français, n° 1592.

[2] Huile sur toile, non localisée (reproduite dans L’Illustration, n° 4758, 12 mai 1934).