André BIZETTE-LINDET

(Savenay, 1906 – Sèvres, 1998)
Le Chant de la sirène

Bronze
53 x 30 x 30 cm
Signé – Cachet du fondeur : SUSSE cire perdue Paris

Vendu / Sold

 

Elève de L. Bouchard de J. Injalbert à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, puis Grand Prix de Rome en 1931 avec sa sculpture de Lanceur de javelot, sociétaire des Artistes Français depuis 1929, André Bizette-Lindet expose dans de nombreux salons dont le Salon d’Automne. Il réalise diverses commandes publiques autant en France qu’à l’étranger : il orne de figures les portes de bronze du Musée d’Art Moderne en 1937, décore le Pavillon Français à New York lors de l’Exposition Universelle de 1939 et est désigné avec, entre autres, Alfred Courmes, pour la décoration de l’Ambassade de France à Ottawa en 1938. Son appartenance au groupe de recherche de performance « Mur Vivant » marque la deuxième partie de sa carrière : il s’agit d’articuler de manière la plus naturelle la sculpture monumentale à l’architecture contemporaine. Ainsi, il suit son principe : « Le sculpteur ne doit plus être isolé dans son atelier avec son idéal et son modèle. Il est lié à la recherche d’un art monumental qui ne peut se réaliser qu’en équipe »[1].

 

Si son œuvre sculpté sur divers matériaux (grès, granit, bronze, céramique..) est en grande partie monumental -exception faite de son importante œuvre de médaillier-, notre sirène malgré sa petite taille est bien caractéristique de son travail. L’origine bretonne d’André Bizette-Lindet est une source d’inspiration profonde. Il n’a de cesse de ressusciter les mythes et les monstres marins à travers de robustes sculptures vigoureusement épannelées. Dans cette exploration de l’univers marin, la femme tient une place prépondérante incarnant, par ses courbes et sa sensualité le mouvement de la mer et la forme des galets. C’est un thème récurrent tout le long de sa carrière qui transcende ses évolutions stylistiques[2].

 

Le rendu musculeux, que le guillochage accentue, est caractéristique de la technique de Bizette-Lindet. La signature Bizette va dans le sens d’une datation dans les années 1930, car notre sculpteur signe de son patronyme « Bizette-Lindet » seulement à la veille de la deuxième guerre mondiale pour se différencier de sa sœur Jeanne, céramiste.

 

 

 

 

 

Cette œuvre sera incluse par P.-M. Dumonteil dans le catalogue raisonné de l’artiste en préparation.

 

 

[1] Propos cités dans l’article de M. Berry, « André Bizette-Lindet », Club français de la médaille, 1er trimestre 1971, n° 30, pp. 60-62, p. 62.

[2] Voir Sirène, 1960, pierre de Saint Maximin, 170 cm, exposée au Salon de la Jeune Sculpture, 1961.