Oscar MIESTCHANINOFF

(Vitebsk, 1886 – Los Angeles, 1956)
Tête de La jeune fille au bouquet, 1924

Bronze à patine noire
hauteur : 19 cm

Vendu / Sold

Œuvres en rapport :

  • La Jeune Fille au Bouquet, bronze, 74 x 33 x 31 cm, 1924, Brooklyn Museum, New York
  • La Jeune Fille au Bouquet[1], plâtre, localisation inconnue
  • La Jeune Fille au Bouquet, pierre, 145 cm, exposée à l’exposition d’Art Français, Moscou, 1928, achetée par la Galerie Trétiakoff, Moscou
  • Tête de la Jeune Fille au Bouquet[2], plâtre, ancienne collection de Mme Oscar Miestchaninoff

 

Né en Russie, Miestchaninoff rejoint Paris en 1906 où il entre sur concours à l’Ecole des Arts Décoratifs puis à l’Ecole des Beaux-Arts, devenant l’élève de Mercié et Joseph Bernard. Pourtant, c’est dans les musées, notamment le Louvre, le musée Cernuschi et le musée Guimet qu’il forme son regard, affine son apprentissage et forge sa personnalité artistique, cultivant une fascination à l’égard des arts de l’Extrême-Orient qu’il se gardera toujours néanmoins de contrefaire. Présent à partir de 1908 au Salon des Artistes Français, il participe régulièrement dès 1912 au Salon d’Automne, mais aussi au Salon des Indépendants. En 1937, sa statue de Femme nue se coiffant[3] est distinguée d’une médaille d’or à l’Exposition Universelle à Paris. En 1955, le County Museum de Los Angeles lui consacre un an avant sa mort une exposition.

Fréquentant avec assiduité les “Montparnos”, Miestchaninoff est portraituré par ses compagnons, Diego Rivera[4], Amadeo Modigliani[5], Chaïm Soutine[6] grâce auxquels il se constitue un véritable musée personnel accumulant notamment de nombreux dessins de Modigliani. S’il ne revendique aucune appartenance à un grand mouvement de son époque, pourtant, il y puise certains éléments notamment dans l’oeuvre d’Aristide Maillol ou d’Antoine Bourdelle. Son oeuvre est plus personnelle, mêlant concepts postcubistes et influences de l’Extrême-Orient de la même manière que les cubistes abordaient les arts de l’Afrique Noire. A une recherche formelle et artistique, Miestchaninoff allie une quête personnelle et humaniste qui l’amène dès 1919 au Cambodge, puis en 1927 en Inde. De ces voyages, il ramène, outre des impressions déterminantes quant aux formes et aux modes de vie, de nombreux objets que le musée Guimet peut s’enorgueillir de détenir aujourd’hui, grâce à lui.

 

Notre tête est l’étude en bronze d’une oeuvre plus importante présentée par Oscar Miestchaninoff au Salon d’Automne de 1924, La Femme au Bouquet (voir la version en bronze de Brooklyn, fig. 1) sous le n° 1327, décrite comme un « mélange d’idéalisme et de sensualité s’extériorisant en un rare équilibre plastique »[7] issu de l’harmonie et de l’agencement des formes géométriques entre elles. La plénitude et la simplicité des formes, l’absence de tout détail superflu au profit de la forme et du poids, la puissance du modelé doivent autant à des artistes tels que Maillol qu’à son observation attentive et envoûtée des arts de l’Antiquité. En effet, notre tête rappelle sans équivoque les célèbres statues de Sépa et Nésa[8] visibles au Louvre.

Artiste peu prolifique, il n’est guère représenté dans les collections françaises, exceptions faites de son extraordinaire Buste d’homme au chapeau haut de forme[9] et de la Femme nue se coiffant.

 

[1] Reproduite dans Oscar Miestchaninoff, sculpteur, explorateur et collectionneur, Waldemar George, Paris, 1966, p. 35.

[2] Reproduite dans op. cit., p. 29.

[3] Plâtre, 200 x 60 x 42 cm, acheté par l’Etat français à cette occasion par le musée d’Art Moderne.

[4] Portrait du sculpteur Oscar Miestchaninoff, huile sur toile, 147 x 121,5 cm, 1913, collection du gouvernement de l’Etat de Véra Cruz, Mexique.

[5] Portrait du sculpteur Oscar Miestchaninoff, huile sur toile, 46 x 33 cm, 1917, Helly Nahmad Gallery, New York.

[6] Portrait du sculpteur Oscar Miestchaninoff, huile sur toile, 83 x 65 cm, 1923-24, Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.

[7] Y. Rambosson, « Miestchaninoff », Art et décoration, janvier-juin 1925, T. XLVII, pp. 57-64, p. 61.

[8] Sépa et Nésa, calcaire, 155 x 41 x 39 cm, Ancien Empire, Egypte, musée du Louvre, Paris.

[9] Ciment teinté, 100 x 73 x 50 cm, 1922, Musée des années 30, Boulogne-Billancourt (dépôt du Musée National d’Art Moderne).