Paul-François BERTHOUD

(Paris, 1870 – 1939)
Portrait de la Comtesse de Vauréal, 1919

Cire teintée sur âme de plâtre, pastel
Hauteur : 58 cm

Oeuvre en rapport : Portrait de la Comtesse de Vauréal, 1919, terre de Fonsbelle, signée et datée, dimensions inconnues, collection particulière

Vendu / Sold

Elève de P. Dupuis, E. Fontaine et Larroux, Berthoud est parmi les cofondateurs du Salon d’Automne auquel il figure de 1907 à 1931. Mention honorable au Salon des Artistes Français de 1898, il participe au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de 1926 à 1939. Son œuvre regroupe essentiellement des bustes dont le medium varie de la terre au marbre en passant par la cire (autre exemple, fig.1). Son usage de la cire se situe dans la lignée de Medardo Rosso (1858-1928) qu’il collectionne[1] et admire.

 

Notre sculpture témoigne de cette filiation : la cire est laissée inachevée donnant à la sculpture un aspect bidimensionnel si cher à Rosso, privilégiant ainsi un point de vue unique, laissant la forme grasse et docile comme non figée et permettant un jeu d’ombres et de lumières subtil propre à l’impressionnisme. Comme chez Rosso, le sentiment se mêle à la matière. Ainsi lors de la Rétrospective de l’œuvre de Rosso en 1929 au Salon d’Automne, ce sont deux cires de Berthoud qui ouvrent l’exposition : « Impression de Music-Hall (…) et une Rieuse (..) seules peut-être dignes aujourd’hui de monter la garde devant la chapelle de l’Annonciateur »[2].

 

Notre œuvre, version en cire de son portrait en terre de la Comtesse Pierre de Vauréal, témoigne du goût de Berthoud pour décliner une œuvre en différents matériaux : son célèbre Buste de Comédienne, autrefois dit de Sarah Bernhardt, daté de 1902, existe en cire[3], en bronze et marbre[4], en plâtre peint[5] et en terre cuite patinée[6]. Ainsi, notre cire est autant caractéristique de l’œuvre de Berthoud que du mouvement impressionniste, en sculpture, initié en sculpture par Rosso et dont il semble être le plus digne suiveur.

 

[1] La veuve de Berthoud donne la tête de M. Rosso : Enfant du soleil, vers 1892, cire jaune sur plâtre, 35 x 22 x 20 cm, musée d’Art Moderne, Srasbourg.

[2] Pawlowski, Journal, 3 novembre 1929.

[3] Cire rouge, 52 x 74 cm, collection particulière, vendu par Maîtres Laurent et Collignon, le 16 juin 1996, Hôtel des Ventes de Soissons.

[4] Bronze et marbre, 60 x 120 cm, non localisée.

[5] Plâtre peint, 54 x 75 x 30 cm, musée des Beaux-Arts, Clermont-Ferrand.

[6] Terre cuite patinée, Château-Museé, Nemours.